Aito et CATL scellent un partenariat stratégique pour conquérir l'Europe
Par Martin Rochard · 3 min de lecture

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Le paysage automobile européen s'apprête à accueillir un nouveau challenger chinois de poids. Aito, la marque née de l'alliance entre le constructeur Seres et le géant technologique Huawei, vient de sceller un partenariat stratégique de long terme avec CATL, le leader mondial des batteries pour véhicules électriques.
Un accord signé à Chongqing pour sécuriser l'approvisionnement
L'accord a été formalisé le 10 octobre au siège de Seres à Chongqing, en Chine. Cette alliance prolonge une collaboration déjà bien établie : l'ensemble de la gamme Aito, qu'il s'agisse de modèles 100% électriques ou à autonomie étendue (hybrides rechargeables avec prolongateur d'autonomie), s'équipe déjà de batteries CATL. Cette fois, l'engagement se fait sur le long terme, même si la durée précise et les montants financiers restent confidentiels.
Avec plus de 1,2 million de véhicules déjà livrés depuis sa création fin 2021, Aito affiche une croissance fulgurante sur le marché chinois. Ce nouveau partenariat vise à soutenir cette dynamique et à préparer l'expansion internationale de la marque.
Une usine intégrée pour optimiser production et coûts
L'un des aspects les plus innovants de cette coopération réside dans le concept d'"usine dans l'usine". CATL exploite déjà une installation de production de batteries directement sur le site de la Super Factory de Seres à Chongqing. Cette première phase, lancée mi-2025, comprend deux lignes de production utilisant la technologie Cell-to-Pack (CTP 2.0) de CATL.
La deuxième phase, désormais actée, prévoit une capacité annuelle supplémentaire de 10 à 12 GWh. Une fois achevée, la capacité totale du site dépassera les 20 GWh par an. Cette intégration verticale permet de réduire les coûts logistiques, d'accélérer les processus industriels et de renforcer la compétitivité globale de la marque.
Au-delà des batteries : recharge et services
L'ambition des deux partenaires ne se limite pas à la fourniture de batteries. CATL et Seres entendent développer conjointement des infrastructures de recharge rapide et proposer une gamme complète de services couvrant l'ensemble du cycle de vie des batteries. Si les détails précis restent à définir, cette approche holistique pourrait constituer un atout concurrentiel majeur, notamment en Europe où l'écosystème de recharge reste un enjeu crucial.
Cap sur l'Europe, objectif Paris
L'accord mentionne explicitement la conquête de trois zones géographiques prioritaires : l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie centrale. Aito a déjà franchi une première étape en lançant trois modèles électriques aux Émirats arabes unis en 2025. Pour l'Europe, le rendez-vous est imminent.
La marque devrait profiter du Mondial de l'Auto de Paris, qui se tient cette semaine, pour dévoiler sa stratégie européenne. Les constructeurs chinois multiplient les offensives sur le Vieux Continent, et Aito entend bien tirer son épingle du jeu en s'appuyant sur l'expertise technologique de Huawei et la fiabilité des batteries CATL.
L'écosystème Huawei s'étoffe
Ce partenariat avec CATL s'inscrit dans une stratégie plus large. Fin septembre, Seres et Huawei ont également signé un nouvel accord de coopération de cinq ans centré sur le développement de la marque Aito. Huawei apporte son savoir-faire en matière de connectivité, d'intelligence artificielle et de conduite autonome, tandis que CATL assure la partie énergétique.
Aito fait partie de la Harmony Intelligent Mobility Alliance (HIMA), l'écosystème automobile créé par Huawei. Aux côtés d'Aito, on trouve Luxeed (avec Chery), Stelato (avec BAIC), Maextro (avec JAC) et Shangje (avec SAIC). Cette constellation de marques témoigne de l'ambition de Huawei de devenir un acteur incontournable de la mobilité électrique mondiale, sans pour autant devenir constructeur automobile à part entière.
Un nouveau challenger pour l'Europe
Pour les automobilistes européens, l'arrivée d'Aito pourrait signifier davantage de choix dans le segment des véhicules électriques et hybrides rechargeables. La combinaison de la technologie Huawei, des batteries CATL et de l'expérience de Seres pourrait donner naissance à des modèles compétitifs, tant sur le plan technologique que tarifaire.
Reste à voir si Aito parviendra à se frayer un chemin dans un marché européen déjà saturé, où les marques chinoises doivent composer avec une concurrence féroce et des barrières réglementaires de plus en plus contraignantes. Les annonces attendues au Salon de Paris apporteront sans doute des réponses sur le calendrier, les modèles proposés et la stratégie de distribution envisagée pour la France et l'Europe.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la marque Aito et pourquoi devrait-elle intéresser les Français?
Aito est une collaboration entre le constructeur Seres et le géant technologique Huawei, lancée fin 2021. La marque a déjà écoulé 1,2 million de véhicules et s'apprête à dévoiler sa stratégie européenne au Mondial de l'Auto de Paris, devenant ainsi un nouvel acteur chinois sur notre marché.
Quelle est la particularité du partenariat entre Aito et CATL?
CATL a installé une usine directement au sein de la Super Factory de Seres à Chongqing, selon le concept "usine dans l'usine". Cette proximité entre production de batteries et assemblage automobile permet d'optimiser les coûts et les processus industriels.
Quelle capacité de production représente cette expansion?
La deuxième phase d'expansion ajoutera 10 à 12 GWh de capacité annuelle. Au total, les deux phases dépasseront 20 GWh par an, suffisant pour équiper plusieurs centaines de milliers de véhicules électriques.
CATL fournit-il uniquement des batteries à Aito?
Non, l'accord étendu couvre également le développement d'infrastructures de recharge rapide, des services d'entretien batterie sur l'ensemble du cycle de vie, et la conquête conjointe de marchés internationaux, notamment européens.
Quand Aito pourrait-elle arriver en Europe?
La marque a déjà lancé trois modèles électriques aux Émirats arabes unis l'année dernière. Elle devrait présenter sa feuille de route européenne lors du Salon de Paris qui se tient cette semaine, potentiellement dès 2025-2026.



