Volvo EX60 : des retards de production qui plombent les finances du constructeur suédois
Par Luc Morandini · 3 min de lecture

Sommaire
- Un démarrage catastrophique malgré un carnet de commandes prometteur
- Une hémorragie financière qui force Volvo à se restructurer
- Une technologie révolutionnaire mais complexe à maîtriser
- Le mégacasting et l'intégration des batteries en cause
- BMW distance largement Volvo avec son iX3
- Un avenir qui reste à construire
Le lancement du Volvo EX60 vire au cauchemar industriel pour le constructeur suédois. Alors que ce SUV électrique devait incarner le renouveau de la marque aux chevrons, les retards de production s'accumulent et plombent les résultats financiers de l'entreprise scandinave.
Un démarrage catastrophique malgré un carnet de commandes prometteur
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 50 000 clients ont déjà réservé leur Volvo EX60, le successeur électrique du best-seller XC60. Pourtant, depuis le lancement de la production en avril dernier, seules 5 000 unités sont sorties des chaînes de l'usine de Torslanda, près de Göteborg. Une goutte d'eau face à la demande qui met en évidence les difficultés techniques rencontrées par le constructeur.
Håkan Samuelsson, PDG de Volvo, n'a pas mâché ses mots lors de la présentation des résultats trimestriels le 23 octobre : "La contribution financière de l'EX60 sera retardée, car nous ne respectons pas le plan de montée en cadence initialement prévu". Un aveu d'échec particulièrement mal venu alors que le groupe vient d'annoncer des pertes colossales.
Une hémorragie financière qui force Volvo à se restructurer
Le troisième trimestre 2026 restera dans les annales comme l'un des pires de l'histoire récente de Volvo. Le constructeur affiche des pertes approchant les 280 millions d'euros, qualifiées de "très décevantes" par la direction. Face à cette situation critique, la marque suédoise n'a d'autre choix que de serrer la vis : 2 500 suppressions de postes sont programmées dans le cadre d'un vaste plan de restructuration.
L'EX60 devait pourtant jouer un rôle central dans le redressement de l'entreprise. Samuelsson compte toujours sur ce modèle pour devenir "l'un des véhicules les plus contributeurs aux bénéfices de la société", mais reconnaît que cet impact ne se fera sentir qu'une fois la production à plein régime dans l'usine suédoise.
Une technologie révolutionnaire mais complexe à maîtriser
Derrière ces retards se cachent des innovations technologiques ambitieuses, peut-être trop pour une montée en cadence rapide. La nouvelle plateforme SPA3 qui sert de base à l'EX60 bouleverse littéralement les méthodes de production traditionnelles de Volvo.
Erik Severinson, directeur commercial du groupe, explique qu'il a été "difficile de démarrer la production comme nous le souhaitions" en raison des adaptations nécessaires. Volvo a pourtant investi massivement dans son outil industriel : environ 750 millions d'euros ont été dédiés à la modernisation de l'usine de Torslanda pour accueillir cette nouvelle génération de véhicules électriques.
Le mégacasting et l'intégration des batteries en cause
Deux innovations majeures compliquent la donne. D'abord, la technique du mégacasting réduit drastiquement le nombre de composants de carrosserie grâce à des pièces moulées géantes. Ensuite, et surtout, un système révolutionnaire d'intégration des batteries directement dans la structure du véhicule (cell-to-body) pose les problèmes les plus aigus.
C'est précisément ce système de packaging des batteries que Volvo identifie comme la principale source de ralentissement. Le constructeur tient néanmoins à rassurer : ces difficultés n'ont aucun lien avec les problèmes logiciels qui avaient retardé le lancement du plus grand EX90 en 2024.
BMW distance largement Volvo avec son iX3
Le contraste avec la concurrence rend la situation encore plus inconfortable pour Volvo. BMW vient d'annoncer avoir récolté 100 000 commandes pour son iX3, concurrent direct de l'EX60, lancé en octobre dernier. L'usine hongroise de Debrecen établit même un record pour le constructeur bavarois en termes de vitesse de montée en cadence.
Pour répondre à la demande, BMW a récemment ajouté une troisième équipe sur le site hongrois, qui tourne désormais 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Une performance qui met en lumière les difficultés de Volvo à industrialiser ses innovations.
Un avenir qui reste à construire
Malgré ce démarrage chaotique, Håkan Samuelsson se veut rassurant sur la suite. Il souligne que ces difficultés illustrent "les différences entre l'EX60 et les véhicules électriques existants de Volvo" et assure que la cadence de production s'accélère progressivement. Reste à savoir si cette montée en puissance interviendra assez rapidement pour redresser les finances du groupe et honorer les dizaines de milliers de commandes en souffrance.
Pour les clients français qui attendent leur EX60, la patience reste de mise. Ce SUV électrique, pensé pour concurrencer les références du segment premium, devra d'abord prouver que ses innovations technologiques valaient la peine de bouleverser toute une chaîne de production.
Questions fréquentes
Pourquoi la production du Volvo EX60 prend-elle autant de retard ?
La nouvelle plateforme SPA3 sur laquelle repose l'EX60 nécessite une adaptation majeure des lignes de production. Le système d'intégration des batteries au châssis, particulièrement complexe, est la principale source de retard selon Volvo.
Combien de commandes Volvo a-t-il reçues pour l'EX60 ?
Le constructeur suédois comptabilise plus de 50 000 commandes pour ce SUV électrique destiné à remplacer l'XC60 thermique. Seules 5 000 unités ont cependant été assemblées depuis le début de la production en avril.
Quelle est la situation financière actuelle de Volvo ?
Le constructeur traverse une période difficile avec des pertes avoisinant 280 millions d'euros au troisième trimestre 2026. Cette situation l'oblige à supprimer 2 500 emplois dans le cadre d'un plan de redressement.
Comment se positionne l'EX60 face à la concurrence ?
Son principal concurrent, le BMW iX3, affiche des performances commerciales impressionnantes avec 100 000 commandes. L'usine hongroise de BMW tourne désormais 24h/24 pour répondre à la demande, contrairement à Volvo qui peine à monter en cadence.
Quand la production devrait-elle atteindre son rythme de croisière ?
Volvo n'a pas communiqué de calendrier précis, mais le PDG Håkan Samuelsson affirme que la production s'accélère progressivement. L'usine de Torslanda, près de Göteborg, a bénéficié d'un investissement de 750 millions d'euros pour accueillir cette nouvelle génération de véhicules électriques.



