Aller au contenu
Actumoteur.fr

ActualitésRenault

Renault exige plus de différenciation pour les modèles construits sur ses plateformes

Par · 2 min de lecture

Renault exige plus de différenciation pour les modèles construits sur ses plateformes

Partager

Sommaire
  1. Un virage stratégique majeur pour le partage de plateformes
  2. La plateforme RGMP Small au cœur des collaborations
  3. L'exemple Dacia Spring comme modèle à suivre
  4. Une collaboration respectueuse des identités de marque
  5. Moins de partenariats, mais plus qualitatifs

Un virage stratégique majeur pour le partage de plateformes

Le groupe Renault opère un tournant important dans sa stratégie de partage de plateformes avec ses partenaires industriels. François Provost, qui a pris les rênes du constructeur français, impose désormais une règle stricte : les véhicules fabriqués sur les châssis Renault par d'autres marques devront arborer un design nettement distinct des modèles originaux du losange.

Cette décision stratégique fait suite à certaines tensions internes provoquées par le manque de différenciation visuelle du Nissan Micra par rapport à sa cousine technique, la Renault 5. Les deux modèles présentaient une similitude troublante, avec un habitacle pratiquement identique et des différences extérieures limitées aux signatures lumineuses avant et arrière.

La plateforme RGMP Small au cœur des collaborations

Renault a multiplié les partenariats autour de sa plateforme modulaire RGMP Small, qui sert de base technique aux nouvelles Renault 5, 4 et Twingo. Cette architecture polyvalente attire plusieurs constructeurs majeurs :

  • Nissan : produit actuellement le Micra basé sur la R5 et lancera prochainement le Pixo inspiré de la Twingo
  • Ford : accord signé pour de futurs modèles
  • Mitsubishi : partenariat établi pour des véhicules à venir

Ces collaborations permettent à Renault de rentabiliser ses investissements en R&D tout en optimisant l'utilisation de ses capacités de production. Toutefois, le risque de cannibalisation entre modèles trop similaires a alerté la direction.

L'exemple Dacia Spring comme modèle à suivre

Pour illustrer sa nouvelle vision, François Provost cite l'exemple réussi de la Dacia Spring face à la Renault Twingo. Bien que partageant la même plateforme technique, ces deux véhicules présentent des personnalités visuelles radicalement différentes, rendant leur parenté invisible pour le grand public.

Cette différenciation réussie démontre qu'il est possible de mutualiser les coûts de développement sans sacrifier l'identité de marque. C'est précisément ce niveau d'individualisation que Renault exigera désormais de tous ses partenaires.

Une collaboration respectueuse des identités de marque

Le PDG de Renault a confirmé que cette approche rencontre l'adhésion de ses partenaires stratégiques. Jim Farley, patron de Ford, partage cette philosophie et insiste pour que les futurs modèles Ford construits sur base Renault soient immédiatement reconnaissables comme de véritables Ford, avec leur propre ADN stylistique.

Paradoxalement, les accords de confidentialité empêchent Renault de voir les designs finaux avant leur révélation publique. Cette contrainte légale a contribué à la surprise désagréable causée par la trop grande ressemblance du Micra avec la Renault 5.

Moins de partenariats, mais plus qualitatifs

François Provost assume une stratégie privilégiant la qualité à la quantité en matière de partenariats. Le groupe français se concentrera sur des collaborations de long terme avec des constructeurs partageant sa vision, plutôt que de multiplier des accords ponctuels uniquement motivés par des gains tactiques à court terme.

Cette nouvelle doctrine implique également que Renault pourra proposer différents niveaux de personnalisation, allant jusqu'à des panneaux de carrosserie entièrement spécifiques. Si cette option augmente les coûts de fabrication, elle garantit une meilleure protection de l'image de marque et évite la confusion dans l'esprit des consommateurs.

Ce changement de cap intervient lors du Salon de l'Automobile de Paris, marquant symboliquement une nouvelle ère dans la stratégie industrielle du groupe Renault, désormais plus attentif à préserver l'unicité visuelle de ses créations tout en continuant à développer des synergies techniques profitables.

Questions fréquentes

Pourquoi Renault change-t-il sa politique de partage de plateformes ?

Le nouveau PDG François Provost estime que la précédente stratégie n'exigeait pas assez de différenciation visuelle. Le Nissan Micra, presque identique à la Renault 5, a créé des tensions internes et motivé ce changement de cap.

Quels constructeurs utilisent actuellement les plateformes Renault ?

Nissan utilise la plateforme RGMP pour produire le Micra basé sur la Renault 5 et produira bientôt le Pixo basé sur la Twingo. Ford et Mitsubishi ont également signé des accords pour de futurs modèles sur cette plateforme.

Renault peut-il voir les designs des voitures de ses partenaires avant leur production ?

Non, en raison d'accords de confidentialité, les dirigeants de Renault n'ont pas de supervision préalable sur les designs des véhicules qu'ils produisent pour leurs concurrents. Ils découvrent le résultat final comme le grand public.

Quelle est la différence entre partage de plateforme avec et sans différenciation ?

Le partage avec forte différenciation, comme entre Dacia Spring et Renault Twingo, donne des voitures visuellement distinctes. Sans différenciation suffisante, comme le Micra et la Renault 5, les modèles se ressemblent trop, avec seulement des variations mineures au niveau des feux avant et arrière.

Cette nouvelle politique s'applique-t-elle à tous les partenaires ?

Oui, François Provost affirme privilégier désormais les partenariats à long terme avec des constructeurs partageant cette vision de différenciation, comme Ford dont le PDG Jim Farley insiste pour que les modèles restent identifiables comme de vraies Ford.

Dans la rubrique Actualités