Aller au contenu
Actumoteur.fr

ActualitésFiat

Fiat déclare la guerre à l'Euro NCAP : "Les clients n'y comprennent plus rien"

Par · 2 min de lecture

Fiat déclare la guerre à l'Euro NCAP : "Les clients n'y comprennent plus rien"

Partager

Sommaire
  1. Une remise en question radicale du système de notation
  2. Les constructeurs décrochent progressivement
  3. Un compromis entre prix et équipements de sécurité
  4. La confiance plutôt que les étoiles
  5. Quelles conséquences pour le marché français ?

Le nouveau patron de Fiat vient de lancer un pavé dans la mare de la sécurité automobile européenne. Arnaud Belloni, fraîchement nommé à la tête de la marque italienne, n'y va pas par quatre chemins : l'Euro NCAP, cette institution qui évalue la sécurité des voitures depuis des décennies, n'aurait plus aucune importance pour les acheteurs.

Une remise en question radicale du système de notation

Les propos du dirigeant, tenus lors d'une interview récente, sont sans ambiguïté. "Je ne sais pas comment être politiquement correct ici, mais l'Euro NCAP existe toujours mais les clients n'y comprennent plus rien", déclare-t-il. La raison ? Des règles qui changent tous les deux ans, transformant une voiture cinq étoiles d'hier en modèle trois étoiles, voire deux étoiles aujourd'hui.

Cette confusion permanente aurait des conséquences directes sur la perception des consommateurs. Totalement perdus face à ces évaluations mouvantes, ils auraient tout simplement cessé d'accorder du crédit à ces tests pourtant considérés comme une référence en matière de sécurité automobile.

Les constructeurs décrochent progressivement

Fort de ses 35 années d'expérience dans l'industrie automobile, Belloni assure avoir assisté à l'évolution de l'Euro NCAP depuis ses débuts. Son constat est sans appel : très peu de constructeurs prennent encore réellement au sérieux ces évaluations. "Ils ne basent pas leur stratégie sur leur classement. Les clients ne le savent pas parce qu'ils sont perdus, donc ce n'est pas important", martèle-t-il.

Cette déclaration intervient alors que Fiat développe une petite voiture électrique d'entrée de gamme destinée à respecter les nouvelles réglementations européennes E-Car. Ces règles visent à favoriser l'émergence de véhicules électriques abordables sur le marché.

Un compromis entre prix et équipements de sécurité

Pour maintenir des tarifs attractifs, ces nouveaux modèles économiques pourraient embarquer moins de systèmes d'aide à la conduite semi-autonomes et d'équipements de sécurité avancés. Une stratégie qui se traduirait inévitablement par des scores Euro NCAP moins élevés.

Interrogé sur cette perspective, le patron de Fiat assume pleinement cette orientation. Il estime que les consommateurs ont désormais intégré que les constructeurs font leur maximum pour améliorer la sécurité à bord et réduire les émissions de CO2.

La confiance plutôt que les étoiles

"Tout le monde est intelligent. Un consommateur est intelligent, et il existe beaucoup de réglementations partout pour réglementer votre vie quotidienne", argue Belloni. Selon lui, les acheteurs comprennent que l'industrie automobile a massivement évolué, plus que n'importe quel autre secteur au cours des 30 dernières années.

Cette confiance implicite des consommateurs envers les constructeurs et les réglementations en vigueur rendrait donc les notes Euro NCAP superflues. Une vision qui pourrait bouleverser la manière dont les marques conçoivent leurs futurs modèles, particulièrement dans le segment des voitures électriques abordables.

Quelles conséquences pour le marché français ?

Cette prise de position interroge sur l'avenir des standards de sécurité dans l'industrie automobile européenne. Si d'autres constructeurs suivent cette logique, les acheteurs français pourraient se retrouver face à des véhicules certes plus accessibles financièrement, mais potentiellement moins bien équipés en dispositifs de sécurité avancés.

L'Euro NCAP, qui a contribué pendant des décennies à améliorer la sécurité des occupants en poussant les constructeurs à innover, se trouve ainsi remis en question par l'un des acteurs majeurs du marché automobile européen. Reste à savoir si cette position fera des émules ou restera isolée dans un secteur où la sécurité demeure théoriquement une priorité absolue.

Questions fréquentes

Pourquoi le patron de Fiat critique-t-il l'Euro NCAP ?

Arnaud Belloni estime que les règles Euro NCAP changent trop fréquemment, rendant les évaluations incompréhensibles pour les consommateurs. Une voiture cinq étoiles d'il y a quelques années peut aujourd'hui obtenir seulement deux ou trois étoiles, ce qui crée de la confusion.

Qu'est-ce que l'Euro NCAP exactement ?

L'Euro NCAP est l'organisme européen qui évalue la sécurité des véhicules neufs à travers des crash-tests. Ses notes, allant de une à cinq étoiles, sont censées guider les acheteurs dans leurs choix en matière de sécurité automobile.

Que prépare Fiat comme nouveau modèle ?

La marque italienne développe actuellement une petite voiture électrique d'entrée de gamme conforme aux nouvelles réglementations européennes E-Car. Pour maintenir des prix compétitifs, ce véhicule pourrait embarquer moins d'aides à la conduite et d'équipements de sécurité avancés.

Les constructeurs prennent-ils vraiment au sérieux l'Euro NCAP ?

Selon Belloni, qui cumule 35 ans d'expérience dans l'industrie, très peu de constructeurs basent désormais leur stratégie sur les résultats Euro NCAP. Les clients ayant perdu confiance dans ces évaluations, les marques n'en feraient plus une priorité.

Les nouvelles voitures sont-elles toujours sûres malgré cette position ?

Le patron de Fiat assure que les consommateurs font confiance aux constructeurs et aux nombreuses réglementations en vigueur. L'industrie automobile aurait plus évolué en matière de sécurité que tout autre secteur ces 30 dernières années.

Dans la rubrique Actualités