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Toyota veut imposer le VEEF, une nouvelle catégorie de voitures thermiques zéro émission en Europe

Par · 3 min de lecture

Toyota veut imposer le VEEF, une nouvelle catégorie de voitures thermiques zéro émission en Europe

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Sommaire
  1. Toyota défie Bruxelles avec une alternative aux véhicules électriques
  2. Un essai grandeur nature concluant en Espagne
  3. 300 millions de véhicules thermiques concernés
  4. Des biocarburants plus accessibles que les e-fuels
  5. Un cadre réglementaire indispensable
  6. Un système de contrôle strict prévu

Toyota défie Bruxelles avec une alternative aux véhicules électriques

Le géant japonais Toyota lance une offensive réglementaire en Europe avec une proposition audacieuse : créer une nouvelle catégorie de véhicules thermiques considérés comme zéro émission. Baptisée VEEF, cette classification vise à placer les voitures roulant exclusivement aux carburants renouvelables sur un pied d'égalité avec les véhicules électriques à batterie.

Cette initiative intervient alors que l'Union européenne durcit progressivement sa réglementation sur les émissions de CO2, avec l'objectif d'interdire la vente de véhicules thermiques neufs d'ici 2035. Toyota estime que cette approche est trop restrictive et qu'elle néglige une solution pourtant prometteuse pour décarboner rapidement le parc automobile existant.

Un essai grandeur nature concluant en Espagne

Pour appuyer sa proposition, Toyota s'est associé à BMW, Bosch et l'énergéticien Repsol pour mener un essai de six mois en Espagne. Vingt véhicules de série ont circulé en utilisant exclusivement des carburants renouvelables à 100%, fabriqués à partir de biomasse résiduelle.

Les résultats sont sans appel : aucun impact sur les performances des véhicules, aucune modification mécanique nécessaire. Le carburant renouvelable s'est comporté exactement comme de l'essence conventionnelle, validant ainsi le concept de "drop-in fuel" – un carburant de substitution directe.

Bosch a joué un rôle crucial dans cet essai en assurant la traçabilité des carburants utilisés, élément indispensable pour certifier les performances environnementales. Le fournisseur allemand a également mis au point un système garantissant que les véhicules n'utilisaient que des carburants renouvelables durant toute la durée de l'expérimentation.

300 millions de véhicules thermiques concernés

L'argument central de Toyota repose sur une réalité incontournable : l'Europe compte actuellement 300 millions de véhicules thermiques en circulation. Même avec une adoption massive des véhicules électriques, ce parc mettra des décennies à se renouveler complètement.

Les carburants renouvelables offrent selon le constructeur japonais une solution immédiate pour réduire drastiquement les émissions de ces véhicules, sans attendre leur remplacement. L'infrastructure de distribution existe déjà, contrairement aux bornes de recharge électrique ou aux stations hydrogène qui nécessitent des investissements colossaux.

Des biocarburants plus accessibles que les e-fuels

Toyota mise spécifiquement sur les biocarburants de seconde génération, produits à partir de résidus de déchets organiques. Cette approche se distingue des e-fuels synthétiques développés par Porsche, beaucoup plus coûteux à fabriquer car nécessitant de l'hydrogène vert et la capture de CO2.

Selon les estimations du constructeur, la biomasse disponible en Europe suffirait à alimenter l'intégralité du parc thermique européen jusqu'en 2040. Un potentiel considérable qui reste aujourd'hui largement inexploité.

Un cadre réglementaire indispensable

Shinichi Yasui, directeur technique de Toyota Europe, affirme sans détour : "Si nous sommes sérieux dans notre volonté de réduire les émissions de carbone le plus vite et le plus massivement possible, les carburants renouvelables ont un rôle majeur à jouer."

Thiebault Paquet, responsable Recherche et Développement, souligne l'avantage économique de cette solution : "Comparé aux véhicules électriques ou à hydrogène, ils ne nécessitent pas d'investissement important côté véhicule, car ce sont des carburants 'drop-in'. Ce n'est pas comme l'éthanol E100 où il faut modifier les injecteurs ou protéger les sièges de soupapes."

Toyota reconnaît toutefois que la production actuelle de biocarburants reste largement insuffisante pour une application à grande échelle. C'est précisément là qu'intervient la proposition VEEF : créer un cadre réglementaire incitatif permettant à l'industrie de monter en puissance.

Un système de contrôle strict prévu

Pour garantir que les véhicules certifiés VEEF utilisent bien exclusivement des carburants renouvelables, Toyota propose d'intégrer un système de blocage empêchant le ravitaillement en essence conventionnelle. Cette technologie détecterait le type de pistolet de pompe utilisé lors du remplissage.

Cette approche rappelle celle des véhicules flex-fuel actuels, mais dans une logique inverse : au lieu de permettre l'utilisation de plusieurs carburants, elle la restreindrait aux seuls carburants renouvelables certifiés.

La proposition de Toyota intervient dans un contexte où plusieurs constructeurs automobiles cherchent des alternatives pour maintenir les motorisations thermiques au-delà de 2035. Reste à savoir si Bruxelles sera réceptive à cette vision d'une mobilité décarbonée qui ne passerait pas exclusivement par l'électrique.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le VEEF proposé par Toyota ?

Le VEEF (Vehicles running Exclusively on Eligible Fuels) est une nouvelle catégorie proposée par Toyota pour les véhicules thermiques fonctionnant uniquement aux carburants renouvelables. Ces voitures bénéficieraient des mêmes avantages réglementaires que les véhicules électriques en Europe, puisqu'elles n'émettent pas de CO2 à l'échappement.

Quels types de carburants renouvelables Toyota propose-t-il ?

Toyota mise sur les biocarburants de seconde génération, fabriqués à partir de résidus de biomasse issus de déchets organiques. Ces carburants sont nettement moins coûteux à produire que les e-fuels synthétiques développés par Porsche. Ils ne nécessitent aucune modification mécanique des véhicules existants.

Quel est l'avantage principal des carburants renouvelables selon Toyota ?

L'infrastructure de distribution existe déjà, contrairement aux bornes de recharge électrique ou aux stations hydrogène qui nécessitent des investissements massifs. Ces carburants peuvent être utilisés immédiatement dans les 300 millions de véhicules thermiques circulant actuellement sur les routes européennes.

Les voitures VEEF pourraient-elles utiliser de l'essence classique ?

Non, selon la proposition de Toyota, les véhicules certifiés VEEF seraient bloqués pour n'accepter que des carburants renouvelables. Un système de détection du type de pistolet de pompe empêcherait le ravitaillement en essence conventionnelle.

Quand cette technologie pourrait-elle se généraliser ?

La production actuelle de biocarburants reste insuffisante pour une adoption massive. Toyota reconnaît qu'un cadre réglementaire favorable est nécessaire pour stimuler la montée en puissance de cette filière. Selon le constructeur, les ressources en biomasse européenne permettraient toutefois de soutenir le parc thermique jusqu'en 2040.

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