Maserati ne sera pas vendue : Stellantis écarte définitivement les rumeurs
Par Martin Rochard · 3 min de lecture

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Le PDG de Stellantis Antonio Filosa vient de couper court aux rumeurs persistantes concernant l'avenir de Maserati. Interrogé lors du Salon de l'automobile de Paris 2026, le dirigeant a été on ne peut plus clair : la marque italienne ne quittera pas le giron du groupe automobile.
Face aux questions de Bloomberg Television sur une éventuelle cession de la marque au Trident, Filosa a répondu sans détour par la négative. Une déclaration ferme qui intervient alors que Maserati traverse une période particulièrement compliquée, marquée par des ventes décevantes et des incertitudes quant à son positionnement stratégique.
Maserati dans la tourmente mais toujours dans le groupe
Il faut dire que la situation de la prestigieuse marque italienne suscite légitimement des interrogations. Depuis plusieurs années, Maserati peine à trouver sa place dans un marché du luxe automobile toujours plus concurrentiel. Les chiffres de ventes décevants s'accumulent et la pression s'intensifie sur le constructeur pour définir une orientation claire.
Stellantis n'est pas resté inactif face à ces difficultés. Le groupe a notamment exploré des pistes de collaboration avec des partenaires potentiels pour améliorer les perspectives de la marque. Ces discussions ne signifient toutefois pas qu'une vente soit envisagée, comme vient de le rappeler fermement Antonio Filosa.
Un rapprochement stratégique avec Alfa Romeo
Pour redynamiser Maserati, Stellantis mise sur une collaboration renforcée avec une autre de ses marques italiennes premium : Alfa Romeo. Cette stratégie vise plusieurs objectifs complémentaires :
- Réduire les coûts de développement grâce à la mutualisation des ressources techniques
- Diminuer les délais de conception des nouveaux modèles
- Capitaliser sur l'héritage commun et le savoir-faire italien
- Préserver l'identité distincte de chaque marque malgré les synergies
Cette approche pourrait s'avérer déterminante pour Maserati, qui a besoin de retrouver rapidement de l'élan commercial sans pour autant changer de mains. Pour Alfa Romeo, également confrontée à des défis importants sur le segment premium, cette collaboration représente une opportunité de mieux rentabiliser les investissements.
Pas de scission entre marques européennes et américaines
Au-delà du cas Maserati, Antonio Filosa a également écarté une autre hypothèse qui circulait dans l'industrie : une éventuelle séparation entre les enseignes européennes et américaines du groupe. Le PDG a jugé cette option "totalement irréaliste".
Selon lui, Stellantis tire sa force du développement global de technologies clés, des motorisations aux plateformes communes qui servent de base aux différents modèles du groupe. Dissocier les opérations européennes et américaines irait à l'encontre de cette logique d'économies d'échelle.
14 marques aux rôles distincts
Le portefeuille de Stellantis rassemble neuf marques européennes (Fiat, Peugeot, Citroën, Opel/Vauxhall, Lancia, DS Automobiles, Abarth, Alfa Romeo et Maserati) et quatre américaines (Jeep, Ram, Dodge et Chrysler). Chacune est censée occuper un positionnement spécifique dans la stratégie globale.
Toutefois, maintenir toutes ces enseignes ne signifie pas que chacune bénéficiera du même niveau d'investissement. Stellantis procède actuellement à une révision de l'allocation de ses budgets, particulièrement nécessaire car plusieurs marques se disputent des segments de clientèle similaires.
La stratégie renouvelée du groupe s'articule désormais autour de cinq priorités : Jeep, Ram, Peugeot, Fiat et l'activité de véhicules utilitaires Pro One.
Le défi de la différenciation
L'enjeu majeur pour Stellantis consiste à maximiser les développements communs sans transformer sa gamme en une simple collection de modèles rebadgés. Chaque marque doit conserver son identité propre tout en profitant des économies d'échelle, un exercice d'équilibriste qui devient d'autant plus crucial face à la montée en puissance des constructeurs chinois sur le marché européen.
Pour optimiser l'utilisation de ses capacités de production, le groupe développe également des partenariats stratégiques. Les collaborations avec les constructeurs chinois Leapmotor et Dongfeng pourraient permettre d'exploiter des usines européennes sous-utilisées sans avoir à procéder à des fermetures de sites, tout en accédant aux technologies d'électrification développées en Chine.
Un contexte financier tendu
Ces décisions stratégiques interviennent dans un contexte financier particulièrement difficile pour Stellantis. Le groupe a essuyé une perte nette vertigineuse de 22,3 milliards d'euros en 2025, et ses actions ont subi une forte pression boursière cette année.
Antonio Filosa affirme néanmoins que le groupe a déjà franchi le point bas et s'oriente vers un retour à la profitabilité. Le véritable test consistera à transformer ces déclarations de confiance en résultats financiers tangibles et durables.
Le message du sommet de la hiérarchie reste clair : Maserati demeure dans le groupe, les marques européennes et américaines restent unies, et Stellantis entend faire fonctionner l'ensemble de son portefeuille de manière plus cohérente et efficace. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits dans les mois et années à venir.
Questions fréquentes
Pourquoi des rumeurs de vente de Maserati circulent-elles régulièrement ?
La marque au Trident traverse une période difficile avec des ventes en baisse constante et des interrogations sur sa stratégie future. Cette situation fragile alimente naturellement les spéculations sur un éventuel changement de propriétaire.
Quelle est la stratégie de Stellantis pour redresser Maserati ?
Le groupe mise sur un rapprochement avec Alfa Romeo pour partager les coûts de développement et réduire les délais de conception. L'objectif est de capitaliser sur l'héritage commun et le positionnement premium des deux marques italiennes.
Stellantis va-t-il séparer ses marques européennes et américaines ?
Non, Antonio Filosa a qualifié cette hypothèse de "totalement irréaliste". Le groupe considère que le développement global des technologies et plateformes communes constitue un avantage stratégique majeur.
Quelles sont les marques prioritaires dans le portefeuille Stellantis ?
La stratégie actualisée du groupe s'articule autour de cinq piliers : Jeep, Ram, Peugeot, Fiat et la division de véhicules utilitaires Pro One. Les autres marques restent présentes mais avec des niveaux d'investissement variables.
Quelle est la situation financière actuelle de Stellantis ?
Le constructeur a enregistré une perte nette colossale de 22,3 milliards d'euros en 2025. Toutefois, selon Antonio Filosa, le groupe aurait déjà atteint le point de retournement vers un retour à la rentabilité.



