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L'UE assouplit l'interdiction des moteurs thermiques : ce qui change pour 2035

Par · 3 min de lecture

L'UE assouplit l'interdiction des moteurs thermiques : ce qui change pour 2035

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Sommaire
  1. Un recul significatif par rapport aux ambitions initiales
  2. Le mécanisme des crédits carbone, clé de voûte du nouveau système
  3. Quelles implications concrètes pour les constructeurs ?
  4. Des objectifs intermédiaires maintenus
  5. Le processus législatif n'est pas terminé
  6. Une industrie automobile divisée
  7. Vers une coexistence durable des motorisations ?

L'Union européenne prend un virage stratégique majeur dans sa politique de transition énergétique automobile. Après des mois de tensions entre institutions européennes et constructeurs, un nouvel accord parlementaire offre davantage de souplesse aux industriels pour maintenir certains véhicules thermiques au-delà de 2035.

Un recul significatif par rapport aux ambitions initiales

Le compromis trouvé entre les principaux groupes politiques européens – le Parti populaire européen (PPE), les Socialistes et Démocrates (S&D) et Renew Europe – modifie substantiellement les objectifs climatiques du secteur automobile. Désormais, les constructeurs devront réduire les émissions moyennes de CO₂ de leurs véhicules neufs de 87,5% d'ici 2035 par rapport aux niveaux de 2021.

Cette nouvelle cible marque un assouplissement notable par rapport à la proposition de la Commission européenne de décembre 2025, qui fixait l'objectif à 90%. Plus encore, elle s'éloigne considérablement de la réglementation adoptée en 2023, qui visait une réduction de 100% – soit l'interdiction pure et simple de tout nouveau véhicule à émissions de CO₂ dès 2035.

Le mécanisme des crédits carbone, clé de voûte du nouveau système

L'innovation majeure de cet accord réside dans l'introduction d'un système de crédits liés à l'utilisation d'acier bas-carbone produit au sein de l'Union européenne. Ces crédits pourraient représenter jusqu'à 7,5 points de pourcentage dans le calcul des émissions, offrant aux constructeurs une marge de manœuvre appréciable.

Cette disposition répond à un double objectif : soutenir l'industrie sidérurgique européenne en transition vers des procédés moins polluants, tout en donnant aux constructeurs automobiles la flexibilité nécessaire pour maintenir une gamme diversifiée de motorisations.

Quelles implications concrètes pour les constructeurs ?

Contrairement à une idée reçue, ce compromis n'accorde pas un blanc-seing aux motorisations thermiques. Les objectifs s'appliquent à la moyenne des émissions de la flotte de véhicules neufs de chaque constructeur, et non à chaque modèle individuellement.

Dans la pratique, les marques devront savamment équilibrer leur catalogue entre véhicules électriques zéro émission et modèles hybrides ou thermiques optimisés. Cette approche pourrait particulièrement profiter aux hybrides rechargeables et aux véhicules à prolongateur d'autonomie, qui combinent motorisation électrique et thermique.

Des objectifs intermédiaires maintenus

Le compromis parlementaire ne concerne pas uniquement l'horizon 2035. Pour 2030, l'accord prévoit une réduction de 55% des émissions moyennes pour les voitures particulières. Les véhicules utilitaires bénéficient d'objectifs moins contraignants avec une réduction de 35%, contre 40% dans la proposition initiale de la Commission.

Des mécanismes de conformité pluriannuelle sont également envisagés, permettant aux constructeurs de lisser leurs efforts sur plusieurs années. Des crédits supplémentaires pourraient être accordés pour les petits véhicules électriques particulièrement efficaces.

Le processus législatif n'est pas terminé

Il est crucial de comprendre que cet accord n'a pas encore force de loi. Les groupes parlementaires participants doivent d'abord formaliser leur position commune. Ensuite, le Parlement européen dans son ensemble et les États membres devront négocier le texte définitif lors de ce qu'on appelle les "trilogues".

Tant que ce processus n'aboutit pas, la réglementation actuelle adoptée en 2023 – avec son objectif de réduction de 100% en 2035 – reste la référence légale en vigueur.

Une industrie automobile divisée

Cette évolution réglementaire révèle les profondes divisions au sein de l'industrie automobile européenne. Certains constructeurs, particulièrement les groupes allemands et italiens, ont intensément fait pression pour obtenir davantage de flexibilité, arguant de l'impossibilité technique et économique d'une transition totale vers l'électrique d'ici 2035.

D'autres acteurs, notamment certains membres du groupe Stellantis, s'opposent à tout assouplissement, craignant que ces revirements successifs ne créent de l'incertitude et ne retardent les investissements massifs nécessaires à l'électrification.

Vers une coexistence durable des motorisations ?

L'orientation désormais privilégiée par l'UE dessine un avenir automobile plus nuancé que le tout-électrique initialement envisagé. Les moteurs thermiques ne disparaîtront pas brutalement en 2035, mais leur présence sera progressivement réduite et strictement encadrée par des objectifs d'émissions moyennes contraignants.

Cette approche pragmatique reconnaît les défis technologiques, industriels et sociaux d'une transition trop rapide, tout en maintenant une pression significative pour décarboner le transport routier. Pour les automobilistes français, cela signifie qu'un choix de motorisations restera probablement disponible au-delà de 2035, même si les véhicules électriques continueront de gagner massivement en parts de marché.

La différence entre la proposition de décembre 2025 et le compromis actuel dépasse le simple ajustement de chiffres. Elle reflète un changement de philosophie : plutôt qu'une interdiction stricte, l'Europe privilégie désormais un cadre réglementaire contraignant mais flexible, qui maintient l'objectif de décarbonation tout en reconnaissant la complexité de la transition automobile.

Questions fréquentes

Pourquoi l'UE fait-elle marche arrière sur l'interdiction totale des moteurs thermiques ?

Face à la pression des constructeurs automobiles et de certains États membres comme l'Allemagne et l'Italie, Bruxelles a progressivement assoupli ses exigences. L'objectif initial de 100% de réduction des émissions en 2035, fixé en 2023, s'est révélé techniquement et économiquement irréaliste pour l'industrie automobile européenne.

Quels types de véhicules thermiques pourront encore être vendus après 2035 ?

Les hybrides rechargeables, les véhicules à prolongateur d'autonomie et certains modèles thermiques pourront subsister, à condition que les constructeurs respectent les moyennes d'émissions de leur flotte. Chaque constructeur devra équilibrer ses modèles plus émetteurs avec des véhicules zéro émission pour respecter les objectifs globaux.

Comment fonctionne le système de crédits carbone pour l'acier bas-carbone ?

Les constructeurs pourront utiliser des crédits équivalant à 7,5 points de pourcentage si leurs véhicules intègrent de l'acier bas-carbone produit en Europe. Cette mesure vise à soutenir l'industrie sidérurgique européenne tout en facilitant la transition écologique du secteur automobile.

Ces nouvelles règles sont-elles définitives ?

Non, il s'agit d'un compromis parlementaire qui doit encore être formalisé. Le Parlement européen et les États membres devront négocier la législation finale. Tant que ce processus n'est pas achevé, l'objectif de 2035 actuellement en vigueur reste la référence légale.

Quid des objectifs intermédiaires avant 2035 ?

L'accord propose une réduction de 55% des émissions moyennes pour les voitures d'ici 2030, et de 35% pour les utilitaires. Des dispositions de conformité pluriannuelles et des crédits pour certains véhicules électriques compacts ou particulièrement efficaces sont également prévus.

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