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Camions électriques : le partage des bornes de recharge divise les coûts par deux

Par · 3 min de lecture

Camions électriques : le partage des bornes de recharge divise les coûts par deux

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Sommaire
  1. Un projet pionnier au cœur de la révolution électrique du fret
  2. Les zones industrielles, clé de voûte de l'électrification
  3. Le défi des raccordements électriques
  4. Pas de solution universelle pour la recharge
  5. Le partage des bornes : un levier économique majeur
  6. Des chiffres qui parlent
  7. Une approche holistique indispensable

L'électrification des flottes de poids lourds franchit une étape décisive en Europe. Après trois années de recherche intensive, l'institut Fraunhofer dévoile une stratégie qui pourrait bien transformer l'économie du transport routier : le partage des infrastructures de recharge entre entreprises.

Un projet pionnier au cœur de la révolution électrique du fret

Lancé en avril 2023 avec le soutien du ministère fédéral allemand des Affaires économiques et de l'Action climatique, le projet « Transportation in Charge » (TiC) visait initialement à établir les bases théoriques de l'électrification du transport de marchandises. À l'époque, aucun constructeur allemand ne proposait de poids lourd électrique longue distance.

La donne a radicalement changé. Mercedes-Benz et MAN commercialisent désormais leurs eActros 600 et eTGX, équipés de batteries massives d'environ 600 kWh. Cette évolution a permis aux chercheurs de Fraunhofer d'accompagner concrètement le déploiement des premiers véhicules, notamment avec des partenaires logistiques comme Behrens Group et Rhenus Home Delivery.

Les zones industrielles, clé de voûte de l'électrification

Sönke Stührmann et Karl Glökler, responsables du projet à l'Institut Fraunhofer pour les technologies de fabrication et les matériaux avancés, identifient les parcs logistiques et zones industrielles comme des « centrales électriques » pour la transition énergétique du fret. Ces espaces concentrent naturellement dépôts, centres de distribution et sites de production.

L'avantage est double : les véhicules peuvent se recharger durant la nuit ou pendant les opérations de chargement-déchargement, réduisant ainsi la dépendance aux bornes publiques. Mais cette stratégie se heurte à un obstacle majeur : les raccordements électriques.

Le défi des raccordements électriques

Sans connexion moyenne tension appropriée, l'installation de chargeurs ultra-rapides exige des solutions complexes combinant panneaux photovoltaïques et batteries de stockage. Les recommandations du projet placent donc les gestionnaires de réseau en première ligne : « L'électrification des flottes logistiques ne peut se déployer à grande échelle que si des capacités de raccordement suffisantes sont disponibles dans les zones commerciales et logistiques. »

Cette réalité impose une coordination précoce entre entreprises, opérateurs de réseau et municipalités. « L'électrification des grandes flottes de camions n'aboutit que si nous considérons les parcs industriels comme un système global, explique Stührmann. Les solutions purement techniques ne suffisent pas. »

Pas de solution universelle pour la recharge

L'étude souligne qu'aucune configuration standard ne s'applique à tous les cas. La puissance nécessaire dépend directement de l'utilisation des véhicules et de leurs temps d'immobilisation :

  • Recharge nocturne standard en dépôt : 50 à 100 kW
  • Navettes intensives avec horaires serrés : 200 à 350 kW

Les exemples pratiques étudiés ont nécessité des connexions moyenne tension et des stations DC modulables pour s'adapter à l'évolution des flottes.

Le partage des bornes : un levier économique majeur

C'est sur l'aspect financier que le projet apporte ses conclusions les plus prometteuses. Le partage d'infrastructure de recharge entre plusieurs transporteurs d'une même zone permet de répartir les investissements considérables nécessaires.

Des chiffres qui parlent

L'étude de cas détaille le coût total de possession d'une flotte de dix camions électriques sur cinq ans, avec un kilométrage annuel de 60 000 km par véhicule :

  • Camions diesel : 367 974 €
  • Camions électriques sans partage : 352 859 €
  • Camions électriques avec revente d'électricité : 336 903 €

La revente d'électricité à des tiers accélère significativement le retour sur investissement, mais exige une définition précise des droits d'accès et des cadres contractuels entre partenaires.

Selon l'institut Fraunhofer, un tarif de recharge d'environ 0,30 €/kWh permet d'atteindre la parité économique avec les camions diesel, même sans infrastructure partagée.

Une approche holistique indispensable

« Le partage d'infrastructure de recharge n'est pas qu'un concept théorique, c'est un levier essentiel pour réduire les coûts, soulager les réseaux électriques et accélérer l'électrification des flottes, insiste Stührmann. Les prérequis sont clairs : cadres juridiques définis, rôles transparents et confiance entre toutes les parties. »

Les analyses de données opérationnelles réelles démontrent que les camions électriques sont fiables et économiquement viables dès aujourd'hui. La condition du succès ? Intégrer infrastructure de recharge, gestion énergétique et stratégie de flotte dans une vision d'ensemble.

L'ensemble des recommandations et études juridiques du projet TiC sont accessibles en téléchargement, constituant un guide précieux pour les transporteurs européens engagés dans la transition énergétique.

Questions fréquentes

Pourquoi mutualiser les bornes de recharge pour camions électriques ?

L'installation d'infrastructures de recharge ultra-rapide nécessite des investissements massifs en connexions électriques moyennes tensions. En partageant ces équipements entre plusieurs entreprises d'un même parc logistique, les coûts sont répartis et l'amortissement accéléré.

Quelle puissance de recharge est nécessaire pour un poids lourd électrique ?

Cela dépend de l'usage : 50 à 100 kW suffisent pour une recharge nocturne en dépôt. Pour des navettes intensives avec peu de temps d'arrêt, il faut prévoir entre 200 et 350 kW de puissance.

Les camions électriques sont-ils rentables face au diesel ?

Selon l'étude, une flotte de dix camions électriques parcourant 60 000 km par an coûte 352 859 € sur cinq ans, contre 367 974 € pour des équivalents diesel. Avec la revente d'électricité, le coût descend à 336 903 €.

Quel est le principal obstacle à l'électrification des flottes de poids lourds ?

L'accès à des raccordements électriques suffisants dans les zones logistiques et industrielles. Sans connexion moyenne tension adaptée, l'installation de chargeurs ultra-rapides nécessite des solutions photovoltaïques et de stockage par batteries.

Quels constructeurs proposent des camions électriques longue distance ?

Mercedes-Benz avec l'eActros 600 et MAN avec l'eTGX commercialisent désormais des poids lourds électriques équipés de batteries d'environ 600 kWh pour le transport longue distance.

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