Zenos E10 : ce roadster britannique ultraléger promet des sensations extrêmes
Par Martin Rochard · 3 min de lecture

Sommaire
Un roadster britannique taillé pour la piste
Le constructeur britannique Zenos propose avec son E10 une approche radicale du roadster léger. Alors que la version RZ, essayée l'an dernier par nos confrères, avait démontré un tempérament de prototype de course, c'est la déclinaison R2, plus orientée usage routier, qui nous intéresse aujourd'hui. Cette variante intermédiaire promet un compromis fascinant entre performances sur circuit et exploitabilité quotidienne.
Un châssis de référence
Le châssis et la direction constituent indéniablement les atouts majeurs du Zenos E10. Sur route, le comportement évoque immédiatement les meilleures créations de Lotus, avec cette capacité à enchaîner les virages avec fluidité tout en transmettant au pilote une quantité impressionnante d'informations. Les jantes de dimensions modestes - 40,6 cm à l'avant et 43,2 cm à l'arrière - chaussées de pneumatiques Toyo permettent de sentir précisément le travail des trains roulants face aux irrégularités de la chaussée.
La suspension fait preuve d'une souplesse et d'une dextérité remarquables, permettant d'attaquer les enchaînements à vitesse élevée tout en conservant un excellent niveau d'information. Le pilote perçoit constamment l'effort exercé sur les essieux et peut anticiper les limites d'adhérence avec une précision rarement rencontrée.
Une direction communicative mais exigeante
La direction non assistée affiche un poids conséquent qui peut surprendre au regard de la finesse du contrôle de caisse et du niveau de grip relativement modeste. Si ce choix semble discutable sur route, il prend tout son sens dès que l'on attaque un circuit. Le volant devient alors un véritable outil de mesure des transferts de charge et des réactions du châssis.
Sur piste, le E10 révèle un caractère intimement sensible aux déplacements de masse. Exploiter pleinement son potentiel constitue un exercice captivant qui demande technique et précision. La voiture manifeste une tendance au sous-virage si l'on sollicite trop brutalement l'accélérateur au sommet de la courbe. Elle préfère nettement une approche en douceur, avec une entrée de virage soignée et une rotation du châssis initiée par un déplacement des masses vers l'avant.
Un train arrière joueur qui demande de l'attention
Le train arrière peut d'ailleurs se montrer particulièrement vif lors de freinages tardifs et d'entrées de courbe appuyées. Heureusement, la lourdeur de la direction vient tempérer et lisser les corrections nécessaires, permettant de rattraper les situations délicates sans drame majeur.
Zenos reconnaît que certains perfectionnements restent nécessaires. L'ajout prévu d'une barre anti-roulis arrière et d'un différentiel à glissement limité mécanique devrait contribuer à stabiliser le comportement. Ces équipements mériteraient d'ailleurs de figurer en série sur la version RZ orientée circuit, et en option sur cette R2.
Un moteur qui mériterait mieux
Si le bloc Ford de 2,3 litres ne déçoit pas en termes de puissance brute - logique compte tenu de la légèreté du véhicule - son caractère manque de finesse. La montée en régime apparaît linéaire seulement en apparence, avec une arrivée du turbo assez brutale qui contraste avec la précision exigée par le châssis.
Dans une auto aussi légère et sensible aux sollicitations de l'accélérateur, on attendrait naturellement un moteur plus libre dans ses montées en régime, plus progressif dans sa délivrance de puissance. Le quatre-cylindres Ford ne donne guère envie de le pousser au-delà de 5 252 tr/min et manque de cette linéarité indispensable pour exploiter pleinement les capacités du châssis. On comprend les contraintes de Zenos en matière de choix de motorisation, mais le E10 mériterait une mécanique mieux accordée à son tempérament.
Un potentiel certain à affiner
L'idée d'un pack circuit optionnel intégrant des pneumatiques semi-slicks, des amortisseurs réglables, la barre anti-roulis arrière et un différentiel optimisé ferait parfaitement sens, particulièrement sur la version RZ. Paradoxalement, pour un usage principalement routier, cette R2 pourrait même s'avérer plus agréable sans ces équipements orientés piste.
Le Zenos E10 R2 démontre qu'il possède les arguments pour justifier un tarif à six chiffres, à condition de peaufiner encore certains détails. Son châssis exceptionnel et sa capacité à procurer des sensations intenses en font déjà une proposition séduisante pour les amateurs de conduite pure, dans la lignée des sportives britanniques ultralegères.
Questions fréquentes
Quelles sont les principales qualités dynamiques du Zenos E10 ?
Le E10 se distingue par un châssis d'une précision remarquable et une direction très communicative. Sur route, il offre un comportement fluide et précis qui rappelle les meilleures réalisations de Lotus.
Quels sont les points faibles identifiés lors de cet essai ?
Le moteur Ford 2.3 litres manque de linéarité dans sa montée en régime et délivre sa puissance de manière un peu brutale. La direction non assistée peut sembler trop lourde sur route, même si elle prend tout son sens sur circuit.
Quelle version du E10 a été testée ici ?
Il s'agit de la version R2, qui constitue une déclinaison intermédiaire entre le modèle de base et la version RZ orientée piste. Cette R2 vise à offrir un compromis route-circuit équilibré.
Le E10 nécessite-t-il encore des améliorations ?
Oui, Zenos prévoit d'ajouter une barre anti-roulis arrière et un différentiel à glissement limité mécanique qui devraient stabiliser le train arrière, particulièrement vif en entrée de courbe rapide.
À quel type de conducteur s'adresse ce roadster ?
Le E10 vise les puristes recherchant des sensations brutes et une implication totale au volant, capables d'apprécier un châssis sensible aux transferts de masse et demandant une conduite soignée.



