La future Lexus LFA électrique pourrait adopter une boîte séquentielle virtuelle
Par Martin Rochard · 3 min de lecture

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Le constructeur japonais Toyota vient de franchir une étape supplémentaire dans sa quête pour rendre les voitures électriques plus émotionnelles. Un brevet récemment déposé révèle un système ingénieux destiné à recréer les sensations d'une boîte de vitesses séquentielle sur un véhicule 100% électrique, et la première bénéficiaire pourrait bien être la future Lexus LFA électrique.
Une simulation sans embrayage pour la LFA électrique
Contrairement aux tentatives précédentes de Toyota qui envisageaient une pédale d'embrayage factice, ce nouveau brevet adopte une approche radicalement différente. Le système se passe complètement de pédale d'embrayage et repose uniquement sur le contrôle électronique du couple moteur pour reproduire les sensations d'un changement de rapport.
Cette évolution n'est pas anodine. Le timing de ce dépôt de brevet coïncide parfaitement avec le développement de la Lexus LFA électrique, dont l'arrivée est programmée pour 2027. Le concept présenté en 2025, d'abord baptisé Lexus Sport Concept lors de la Monterey Car Week puis au Salon de la Mobilité de Tokyo, arbore déjà des palettes au volant qui pourraient bien accueillir cette technologie innovante.
Un mécanisme basé sur des coupures de couple
Le fonctionnement du système repose sur un principe élégant dans sa simplicité. Lors d'un changement de rapport simulé, l'électronique coupe instantanément le couple du moteur électrique à zéro, puis le rétablit progressivement. Pour accentuer le réalisme, le système peut même brièvement dépasser la valeur de couple cible afin d'imiter le à-coup caractéristique d'un embrayage qui se réengage sous charge.
Des profils personnalisables selon l'usage
Les conducteurs ne seront pas limités à une seule sensation. Le brevet mentionne plusieurs profils sélectionnables qui modifient l'agressivité des coupures de couple :
- Mode course : changements secs et rapides pour une expérience piste authentique
- Mode sport : un compromis entre performance et confort
- Mode doux : transitions lissées pour un usage quotidien plus confortable
Toyota n'est pas seul sur ce créneau
L'initiative de Toyota s'inscrit dans une tendance plus large de l'industrie automobile visant à restaurer le plaisir de conduite dans l'ère électrique. Hyundai commercialise déjà une technologie comparable sur sa Ioniq 5 N avec la fonction N e-shift, qui combine manipulation du couple et palettes au volant pour simuler des changements de rapports.
Porsche a également déposé des brevets couvrant un territoire similaire, confirmant que les constructeurs premium cherchent activement à préserver l'engagement du conducteur malgré l'absence de transmission mécanique traditionnelle.
Une approche justifiée par l'évolution du marché
Dans les documents de brevet, Toyota justifie l'absence de pédale d'embrayage par une raison pragmatique : la grande majorité des futurs acheteurs de véhicules électriques n'ont jamais utilisé de vraie boîte manuelle et sont habitués aux transmissions automatiques. Imposer une pédale d'embrayage, même simulée, pourrait donc s'avérer contre-productif.
Cette suppression présente également un avantage en matière de performances. Sans pédale d'embrayage, les changements de rapports virtuels peuvent être exécutés plus rapidement, se rapprochant davantage du comportement d'une authentique boîte séquentielle de compétition.
La LFA électrique se précise peu à peu
Le concept de la future Lexus LFA électrique a récemment été exposé en Australie lors du Melbourne Cup Carnival, poursuivant sa tournée mondiale de présentation. Lexus reste cependant muet sur les caractéristiques techniques essentielles : puissance, capacité de batterie et autonomie demeurent confidentielles à ce stade du développement.
Une certitude demeure : avec ce système de boîte séquentielle virtuelle, Lexus entend bien offrir à sa supercar électrique une dimension émotionnelle qui dépasse la simple performance brute. Une approche qui pourrait séduire les puristes encore réticents à l'électrification des voitures de sport.
Il reste à voir si cette technologie brevetée trouvera effectivement sa place dans le modèle de production de 2027, et si d'autres modèles de la gamme Lexus ou Toyota pourraient également en bénéficier à l'avenir.
Questions fréquentes
Comment fonctionne ce système de boîte virtuelle sur une voiture électrique ?
Le dispositif simule les changements de rapports en coupant temporairement le couple du moteur électrique, puis en le rétablissant. Parfois, il dépasse brièvement la puissance cible pour imiter la sensation d'un embrayage qui se réengage sous charge.
Pourquoi Toyota n'a-t-il pas prévu de pédale d'embrayage ?
Selon le brevet, une pédale d'embrayage serait problématique pour les conducteurs habitués aux boîtes automatiques. De plus, son absence permet des changements de rapports virtuels plus rapides, se rapprochant davantage du comportement d'une vraie boîte séquentielle de piste.
Quels modes de conduite seront proposés avec ce système ?
Les conducteurs pourront sélectionner différents profils, notamment des modes sport ou course. Le mode course offrira des changements de rapports plus agressifs, tandis qu'un mode plus doux lissera les transitions pour un usage quotidien.
D'autres constructeurs proposent-ils déjà cette technologie ?
Oui, Hyundai commercialise déjà un système similaire sur l'Ioniq 5 N avec sa fonction N e-shift qui utilise des palettes et une manipulation comparable du couple. Porsche a également déposé des brevets dans ce domaine.
Quand la Lexus LFA électrique sera-t-elle commercialisée ?
Le modèle de production est attendu pour 2027. Le concept a déjà été présenté publiquement avec des palettes au volant, mais sans données officielles concernant la puissance, la batterie ou l'autonomie.



