Ce que vous devez retenir
- La réalité à laquelle font face les constructeurs européens, prise au piège entre la transition énergétique, une concurrence croissante de la part des fabricants chinois et un déclin du marché automobile, met en péril leur capacité d’innovation.
- Le constructeur italo-américain espérait alors se consolider dans le secteur du car-sharing par le biais de sa filiale Free2move, qui offrait une plateforme multiservices pour les conductrices et conducteurs à travers l’Europe.
- Confrontés à des enjeux de rentabilité, de marges bénéficiaires et de besoin d’investissements, les fabricants peinent à endosser le rôle de pionniers.
Retour aux bases pour les constructeurs automobiles face au car-sharing
Après un engouement pour le concept de partage automobile, les fabricantes se recentrent sur leurs activités fondamentales. Confrontées à une absence de rentabilité, les filiales développées dans ce domaine sont souvent vendues ou réorganisées. À l’instar de Renault, Volkswagen et BMW-Daimler, Stellantis annonce son retrait du service Free2move.
Ce tournant marque une transition entre l’enthousiasme des années 2010 et un retour pragmatique. La réalité à laquelle font face les constructeurs européens, prise au piège entre la transition énergétique, une concurrence croissante de la part des fabricants chinois et un déclin du marché automobile, met en péril leur capacité d’innovation.
Une facture salée pour le car-sharing
Les marchés, qui promettaient d’être l’avenir de la mobilité, sont maintenant confrontés à de sérieuses difficultés. Le car-sharing a souvent été présenté comme le modèle idéal pour le conducteur de demain. Les constructeurs n’hésitaient pas à explorer cette voie, même au risque d’y investir des sommes considérables, comme dans les premières étapes d’une startup.
Le défi de la rentabilité
L’investissement sans retour a exigé des ajustements stratégiques importants. Par exemple, après avoir quitté Paris, le service de car-sharing Zity by Mobilize a également abandonné Lyon. La vision derrière ce projet était de plonger le groupe français dans l’ère d’une mobilité intelligente et axée sur l’utilisateur.
La société française a justifié cette décision par des facteurs externes, évoquant des pertes répétées au sein de sa flotte de véhicules électriques. Ces pertes ont non seulement compromis la disponibilité de son offre mais aussi terni la perception de la qualité des services par les utilisateurs.
Des décisions douloureuses
De même, Volkswagen a vendu sa division de car-sharing WeShare à Miles Mobility en 2022. Cette décision rappelle les difficultés que rencontrent les constructeurs pour atteindre une rentabilité dans ce domaine. La compétition devient ardue, et de nombreuses entreprises se retirent des opérations jugées trop coûteuses.
Une évolution vers l’incertitude
À rappeler que BMW et Daimler ont vendu leur entité commune Share Now à Stellantis en 2022. Le constructeur italo-américain espérait alors se consolider dans le secteur du car-sharing par le biais de sa filiale Free2move, qui offrait une plateforme multiservices pour les conductrices et conducteurs à travers l’Europe.
Ces solutions de mobilité, basées notamment sur le concept de « véhicule à la demande », étaient envisagées comme un levier de développement. Malheureusement, la majorité des acteurs de ce secteur semblent avoir sous-estimé les défis posés par une telle orientation.
En cette période turbulente, la nouvelle direction, dirigée par Antonio Filosa chez Stellantis, envisage ouvertement la vente de sa branche dédiée, comme le rapporte Bloomberg. Dans un souci d’économies, le constructeur préfère revenir à ses racines, à savoir la fabrication de véhicules.
Des priorités redéfinies
En France, une enquête indique qu’un million de citoyens sont inscrits à une service de car-sharing. Pourtant, les conductrices et conducteurs restent souvent fidèles à l’usage traditionnel des véhicules. Bien que le car-sharing ait gagné en notoriété, son utilisation semble atteindre ses limites.
Confrontés à des enjeux de rentabilité, de marges bénéficiaires et de besoin d’investissements, les fabricants peinent à endosser le rôle de pionniers. Les nouveaux défis, découlant notamment du développement de véhicules basés sur des logiciels, ainsi que l’électrification des flottes, sont devenus des priorités pressantes pour les constructeurs. Dans ce contexte, les services de partage de voitures devront prendre leur mal en patience.


