Ce que vous devez retenir
- Pékin a imposé un embargo sur les exportations de produits de Nexperia après que le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de l’entreprise.
- Cette décision a été motivée par des inquiétudes au sujet du transfert de technologies vers la société mère chinoise Wingtech, identifiée par les États-Unis comme un risque potentiel pour la sûreté nationale.
- Sigrid de Vries, la directrice générale de l’ACEA, a souligné que les approvisionnements en semi-conducteurs s’étaient déjà arrêtés, ce qui risquerait de perturber les lignes d’assemblage dans un futur proche.
La crise des semi-conducteurs menace l’industrie automobile
Les constructrices automobiles du monde entier se heurtent à un nouveau défi. La crise liée aux semi-conducteurs met à mal la production et complique les relations avec les fournisseurs. La situation s’est encore aggravée en raison de tensions géopolitiques, touchant particulièrement l’approvisionnement en composants essentiels. Récemment, l’entreprise néerlandaise Nexperia a été au cœur de cette crise, avec des répercussions sur l’ensemble du secteur.

Pékin a imposé un embargo sur les exportations de produits de Nexperia après que le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de l’entreprise. Cette décision a été motivée par des inquiétudes au sujet du transfert de technologies vers la société mère chinoise Wingtech, identifiée par les États-Unis comme un risque potentiel pour la sûreté nationale.
Lors de la dernière rareté de semi-conducteurs, toutes les constructrices avaient dû ajuster leurs prix, entraînant des délais de livraison parfois supérieurs à un an pour les nouveaux modèles. La situation actuelle rappelle ces moments difficiles, et beaucoup d’entre elles craignent qu’une répétition ne se produise.

Les semi-conducteurs fournis par Nexperia sont présents dans de nombreux composants automobiles, ce qui souligne la gravité de cette crise d’approvisionnement. Le marché fait face à d’autres défis, tels que des taxes imposées par les États-Unis et des restrictions chinoises sur les matières premières.
La Nissan et la Mercedes-Benz tentent actuellement de naviguer dans cette incertitude d’approvisionnement. La Nissan a indiqué avoir suffisamment de semi-conducteurs, mais la situation reste précaire. Cela illustre combien il est vital de maintenir des chaînes d’approvisionnement fiables et variées.
Pour le PDG de Mercedes-Benz, Ola Kallenius, trouver des solutions alternatives est primordial. Il a souligné que cette situation découle de problèmes politiques et nécessitera des solutions à ce niveau, attestant ainsi de la vulnérabilité des constructrices face aux tensions commerciales mondiales.

Le défi est tel que même des entreprises comme Honda ont suspendu la production dans ses usines au Mexique. Les ajustements de la production se font également aux États-Unis et au Canada. Un représentant a annoncé que ces ajustements sont nécessaires pour répondre aux exigences du marché. Dans certains cas, des fabricants en Amérique du Sud pourraient être contraints d’arrêter leurs activités dans un délai de deux à trois semaines si la crise persiste.
Les difficultés rencontrées par les constructrices rappellent qu’elles doivent être proactives dans la recherche de fournisseurs alternatifs. Par exemple, le Lucid Group, une entreprise spécialisée dans les véhicules électriques, a demandé à ses ingénieurs d’explorer de nouvelles sources d’approvisionnement pour éviter toute interruption dans leur production.
Pour finir, la responsabilité incombe aux différentes parties impliquées d’unir leurs forces afin de trouver des solutions durables. Sigrid de Vries, la directrice générale de l’ACEA, a souligné que les approvisionnements en semi-conducteurs s’étaient déjà arrêtés, ce qui risquerait de perturber les lignes d’assemblage dans un futur proche. La situation actuelle nécessite un engagement commun pour trouver une issue négociée à cette crise persistante.


