Ce que vous devez retenir
- Pour contourner ces pénalités, beaucoup de fabricants ont eu recours à des accords d’achat de crédits CO2, en permettant à certaines entreprises plus écologiques de compenser les émissions des modèles moins respectueux de l’environnement.
- Au premier semestre de 2025, le groupe Tesla a enregistré plus de 3,5 millions de voitures immatriculées, mais s’éloigne encore de son objectif avec un surplus de 1,4 g/km.
- Des constructeurs comme BYD misent sur une gamme exclusivement composée de modèles électriques et hybrides, se situant 85 g en dessous de l’objectif de l’UE, leur offrant un atout significatif face aux concurrents en quête de solution.
Les enjeux des émissions de CO2 dans le secteur automobile européen
Depuis 2020, la Union européenne a mis en place un objectif ambitieux visant à limiter les émissions de dioxyde de carbone à 95g/km pour les voiturettes neuves. Les sanctions pour les constructeurs ne respectant pas ce cadre s’élèvent à des millions d’euros. En effet, un montant de 510 millions d’euros a été imposé aux constructeurs défaillants. Bien que cette pénalité ait attiré l’attention, elle reste qu’une partie visible d’un défi plus vaste.
Pour contourner ces pénalités, beaucoup de fabricants ont eu recours à des accords d’achat de crédits CO2, en permettant à certaines entreprises plus écologiques de compenser les émissions des modèles moins respectueux de l’environnement. En 2020, la société Tesla a ainsi généré des revenus près de 1,58 milliard de dollars en collaborant avec d’autres marques, comme Stellantis et Honda. Ces manœuvres sont devenues une stratégie vitale pour les grands noms de l’industrie.
À compter de 2025, la situation devient encore plus complexe. L’objectif est d’abaisser le seuil d’émissions à 93,6 g/km selon les nouvelles normes du cycle de test WLTP. Ce dernier est plus strict que son prédécesseur, NEDC, en étant en moyenne 20-30% plus exigeant. Chaque marque est maintenant évaluée selon son poids moyen, rendant les ambitions encore plus personnalisées (un défi de taille pour certaines qui ont des flottes variées).
Les incertitudes du secteur
Cette nouvelle réglementation est perçue par les fabricants comme une épée de Damoclès alors qu’ils doivent naviguer entre une demande encore forte pour les carrosseries thermiques et un cadre juridique les poussant vers des solutions électriques.
Les conversations autour des réglementations de l’UE sur les émissions de CO2 deviennent de plus en plus intenses. Certaines marques arguent que ces pénalités compromise leur capacité à investir dans l’innovation, menaçant ainsi non seulement leur compétitivité, mais aussi l’emploi, en raison d’éventuels fermetures d’usines de moteurs à combustion.
Dans ce contexte, les prévisions de Jato estiment que si ces tendances se poursuivent, les pénalités pourraient atteindre les 3,5 milliards d’euros d’ici 2025. Une situation délicate pour des acteurs déjà affaiblis par une baisse des ventes dans des marchés clés, comme en Chine, où les concurrents locaux prennent de l’avance, ou aux États-Unis, où l’incertitude autour des droits de douane déstabilise également.
Performance des marques face aux nouveaux objectifs
Les larmes du tableau deux ans après l’instauration des nouvelles règles ne semblent guère réjouissantes. En effet, de nombreux leaders du secteur dépassent leurs propres objectifs de CO2, malgré les crédits obtenus pour leurs modèles à faibles émissions. Ces grands groupes représentent plus de 70% du volume total de voitures dans l’UE, un fait alarmant pour l’environnement.
Au premier semestre de 2025, le groupe Tesla a enregistré plus de 3,5 millions de voitures immatriculées, mais s’éloigne encore de son objectif avec un surplus de 1,4 g/km. Ce dépassement se traduit par près de 500 millions d’euros en amendes potentielles pour le groupe. Bien que des options soient envisageables pour remédier à la situation, comme une plus grande vente de véhicules à faibles émissions, les chiffres ne semblent pas s’améliorer pour autant.
Une situation similaire est observée au sein du groupe Volkswagen, où seule la marque Cupra respecte ses objectifs. La prévision actuelle est inquiétante, car le défi de réduire les émissions de 5,6 g/km pourrait aboutir à une amende dépassant les 3 milliards d’euros si aucune action n’est entreprise. La pression se fait ressentir, et chaque constructeur se voit dans l’obligation d’innover rapidement.
Les défis des marques françaises
Du côté de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Nissan rencontre des difficultés, tandis que Renault, malgré la sortie de nouveaux modèles électriques, reste dépendante de marques traditionnelles comme Dacia, ce qui influence sa conformité aux nouvelles normes.
Avec l’arrivée croissante des marques chinoises sur le marché européen, le paysage automobile est en pleine mutation. Des constructeurs comme BYD misent sur une gamme exclusivement composée de modèles électriques et hybrides, se situant 85 g en dessous de l’objectif de l’UE, leur offrant un atout significatif face aux concurrents en quête de solution.
En revanche, d’autres comme SAIC et Chery rencontrent davantage de difficultés, étant surtout attachés aux moteurs à combustion et devant rapidement accélérer leur transition vers des modèles moins polluants. La dynamique de ces nouvelles marques est à surveiller, car elles pourraient bien redéfinir le marché européen.


